L'ancêtre du chien, le Créodonte, mammifère aux formes lourdes, bas sur pattes, semi-plantigrade et muni de griffes, vivait sur le continent américain au début de l'ére tertiaire, durant l'éocène.
La tête osseuse est volumineuse, mais c'est surtout la face qui est dévelopée; la cavité crânienne est réduite et loge un encéphale aux lobes olfactifs volumineux mais dont les hémisphères sont lisses. Les canines et les molaires sont massives ( on ne distingue pas de dent carnassière). L'articulation du carpe comprend neuf os tandis que les membres sont munis de cinq doigts complets.
Les créodontes jouaient le rôle des carnivores actuels, se nourrissant de proies vivantes et de fruits.
La souche primitive dont les représentants sont appelés les Procréodontes, a donné naissance à trois groupes: les Pseudocréodontes, les Acréodontes et les Eucréodontes dont l'encéphale s'est développé au cours des générations.
Leurs molaires se sont différenciées et une dent carnassière peut être distinguée chez eux. Les Eucréodontes se sont séparés en deux familles: celle des Miacidés, à l'origine du chien et celle des Viverravidés dont le corps était allongé, les membres courts et ressemblaient à des Mustélidés.

Au cours de l'Eocène, certains Miacidés américains sont passés en Europe ( Cynodyctus gregarius). Pendant le Pontien( Miocène), est apparu le Pomarctus qui a donné naissance aux Canidés acyuels dont les membres sont devenus tetradactylestandis que trois os du carpe ont fusionné ( scaphoïde, semi-linaire et central) et que l'appui se faisait sur les doigts.
 

 

Evolution de l'articulation du carpe

carpe

crâne de chien (A) et du creodonte (B)

cranedechien

 
Généalogie des canidés
 
genealogiecanides
 
La domestication
 
La domestication du chien ( canis familiaris) aurait commencé à la fin du Pléistocène. Les plus anciennes traces d'association entre les espèces humaine et canine remontent à ce temps, plus précisément au Magdalénien. Elles datent d' il y a environ 15 000 ans avant J.C., au moment où l'homme se serait rendu compte de la possibilité de l'utiliser pour la garde des campements et pour la recherche du gibier blessé. Le chien est la première espèce animale a avoir été domestiquée.Les espèces sauvages apaprtenant au genre canis qui vivaient à cette époque peuvent être classées en trois groupes;- les loups ( C.Lupus, C.Niger, C.Simensis)
- les coyotes ( C.Latrans)
- les chacals ( C.Aureus, C.Adustus, C.Mesomelas)Il faut chercher l'origine du chien domestique parmi ces espèces, en se basant sur différents critères: morphologiques, chromosomiques, biochimiques, immunologiques et éthologiques.

Les données anatomiques.

cranecoyote( portant sur les dents, sur certains os, sur la forme du crâne...)
Elles montrent que le chien s'intègre dans une série dont
les extrêmes sont le loup et le chacal.
Ces données varient fortement d'un chien à l'autre
de telle sorte que certains se rapprochent plus du loup
que d'autres se rapprochent du chacal.
Aucune conclusion ne pouvant être tirée.

Les données éthologiques
Elles n'apportent pas non plus d'éléments décisifs. Les patrons-moteurs (Chaque comportement peut être divisé en une série de composants organisés ayant une fonction particulière; ces unités sont appelées "patrons-moteurs". Par exemple, le comportement alimentaire des bovins comprend plusieurs patrons-moteurs dont l'un consiste en le fait de brouter.) n'offrant pas de différences marquantes. Les comportements sociaux , par contre, ne sont pas semblables; le loup vit en meute, comme le chien, de telle sorte que le rendement de la chasse soit plus élevé. Le chacal quant à lui vit par couples accompagnés pendant un certain temps par les jeunes de l'année.
Cependant, le chacal chasse parfois de concert avec d'autres espèces de prédateurs ( Guépard) comme le chien (Homme).
Tous les représentants sauvages du genre canis manifestent une disposition équivalentes à l'apprivoisement.
 
Les données chromosomiques
Elles ne permettent pas de conclure; le nombre ( 40) et la morphologie des chromosomes sont semblables. Les espèces sont toutes hybridables et les jeunes issus de ces croisements sont féconds. L'hybridation se réalise dans la nature si l'occasion se présente.
 
Les données moléculaires et immunologiques
 
Elles montrent que le genre canis est homogène à ces points de vue.

En conclusion, l'examen des différents critères ne dégage pas nettement l'espèce sauvage qui, au Magdalénien, a donné le chien domestique.Le chien domestique présente beaucoup de variations résultant de la domestication: morphologiques ( couleur et texture du pelage, port des oreilles, forme du crâne, taille et forme du corps), éthologiques et physiologiques. D'autre part, il est certain que du sang d'espèces sauvage a été récemment introduit et est encore introduit dans certaines races: loup ( Husky, Malamute), coyote ( chien de rue américain) chacal ( Basenji, chiens africains).Différentes hypothèses sont donc en compétition:
- Le chien provient du loup ( origine monophylétique)
- Le chien provient de plusieurs espèces de canidés sauvages ( origine polyphylétique) dont, principalement, le loup mais aussi le chacal commun et éventuellement le coyote.
- Le chien provient d'un ancêtre disparu et inconnu, mais apparenté au Dingo australien ( canis faliliaris dingo).Il semble que la seconde hypothèse soit la plus plausible. Le processus de domestication du chien a été entrepris de façon presque simultanée en de nombreux endroits différents du globe ( Europe, Moyen-Orient, Extrême-Orient). Les géniteurs qui ont servi de points de départ appartenaient certainement à des sous-espèces différentes et le dosage des espèces utilisées n'a sûrement pas été le même car les objectifs poursuivis n'étaient pas semblables, cela explique le remarquable polymorphisme de l'espèce canine et le grand nombre de variétés ethniques.
Il y aurait environ 800 races de chiens connue dans le monde. La première race qui aurait été fixée serait le lévrier iranien ou Saluki dont on retrouve l'effigie sur des poteries égyptiennes datant de 7500 vant J.C. Les romains avaient déjà sélectionné l'espèce canine et distinguaient;
- des canes venaitici ( chien de chasse), eux-mêmes répartis en;
- sagaces: chiens qui suivent le gibier à la piste
- celeres: chiens qui forcent le gibier à la course
- pugnaces: chiens attaquant le gibier qui se défend.
- des canes pastorales ( chiens bouviers et bergers)
- des canes villaciti ( chiens de maison).La sélection, surtout conduite par les Anglais au XVII, XVIII et XIX siècles, a été à l'origine de la plupart des races connues actuellement.

Canidés et chiens sauvages

La famille des canidés comprend, parmi d'autres, le genre canis; parmi les représentants sauvages de celui-ci, on trouve:

- Le chacal commun ( canis aureus)chacalcommunD'un poids d'environ 10 kgs, il vit dans le Sud de l'europe,
en Afrique ( au nord de l'équateur) et s'étend en Asie jusqu'en
Inde et en Indochine.C'est un animal des savanes herbeuses ou
boisées; il s'adapte à la présence de l'Homme et pénètre, la nuit,
dans les villages et la périphérie des grandes villes.


- Le chacal à flancs rayés ( canis adustus)chacalrayeDe même stature que le précédent, son aire de distribution
se trouve en Afrique, au sud des déserts du Sahara et de Lybie. I
l vit dans les savanes herbeuses.

- Le chacal à chabraques ( canis mesomelas)chacalchabraquePlus gros que les autres chacals ( 15 kgs), on le trouve en
Afrique australe et en Afrique orientale. Son biotope est
semblable à celui des précédents. Son comportement social est
comparable; il montre cependant une plus grande faculté de
communication avec des congénères ( c'est le représentant sauvage
du genre canis qui est le plus bruyant) et chasse parfois avec des
animaux d'une autre espèce.

 

- Le coyote ( canis latrans)coyoteD'un poids de 12 à 18 kg, il est répandu dans toute l' Amérique du Nord
et une partie de l' Amérique centrale et il vit dans les plaiens. Son
comportement social ressemble à celui du chacal.

 


- Le loup gris ( canis lupus)loupC'est le canidé sauvage le plus lourd ( de 27 à 80 kg). Il vit dans les régions
circumpolaires des continents eurasiatique et américain. On compte de nombreuses
sous-espèces fort différentes les unes des autres. Les loups sont rassemblés en meutes
tout au long de l'année. La meute est constituée par un couple et ses jeunes des années
précédentes. Parfois, elle comprend plusieurs familles. Le nombre moyen d'animaux
est de 12 avec un maximum observé de 35. Les meutes rayonnent dans un domaine
vital centré sur une tannière ( caverne, terrier ou ensemble de buissons touffus) qui est défendue ( territoire) en période de reproduction. En été, les jeunes et les louves allaitantes restent dans l'abri, tandis que les adultes sortent pour chasser en groupe. En hiver, les louveteaux sont plus vigoureux et accompagnent la meute qui se déplace au complet. Des relations de dominance sont établies au sein du groupe. Une meute chasse une fois tous les deux ou trois jours.



- Le loup rouge ( canis niger)louprougeIl est un peu plus grand que le coyote et vit le long de la côte
atlantique de sud des Etats-Unis. C'est une espèce en voie de
disparition. Son comportement est comparable à celui du coyote.


- Le loup d'Abyssinie ( canis simensis)loupabyssinieIl pèse entre 15 et 30 kg, son aire de distribution est limitée à certaines
régions de l'Ethiopie. Il est menacé d'extinction à cause de la chasse dont
il fait l'objet et de l'extension des zones cultivées. Il vit en solitaire ou par couples.

 

 

 

En plus de ces espèces de canidés sauvages , on observe en beaucoup d'endroits du monde, des chiens domestiques ( canis familiaris) retournés à l'état sauvage ou vivant en semi-liberté.En Asie, en Amérique du Sud et dans certaines régions de l'Europe ( sur le pourtour de la Méditerranée), des chiens vivent en semi-liberté à proximité des rassemblements humains et des agglomérations. Ils sont essentiellement détritiphages. Leur origine est ancienne et leur morphologie est assez uniforme tandis que les croisements avec les canidés sauvages sont relativement fréquents. Ce sont des "chiens parias".