Colchique

Colchicum autumnale:  cette plante à bulbe, à la fleur rose lilas semblable à celle du crocus, fleurit à l'automne colchiquedans les prés.  Toutes les parties sont très toxiques.  Le principe actif essentiel est un alcaloïde, la colchicine;  elle possède des propriétés antimitotiques et a un effet cumulatif.  Après un temps de latence de plusieurs heures (2 à 12 après l'ingestion), des symptômes digestifs apparaissent chez le chien (douleurs abdominales, irritation gastro-intestinale avec de la diarrhée parfois hémorragique) rapidement responsables d'une déshydratation. Le traitement consiste à éliminer le toxique (vomitifs, lavage gastrique) et à fournir une assistance circulatoire en compensant les pertes hydriques et électrolytiques.

 

 

 

Tulipe

Bulbes de Liliacées ornementales

Tulipa species: 

tulipe

la Tulipe, plante herbacée décorative ne porte qu'une fleur (floraison au printemps).  Les intoxications se font principalement par ingestion de bulbes et accessoirement, de fleurs ou de feuilles.  Le bulbe contient un alcaloïde, la tulipine, des glucosides à activité cardiaque les tuliposides A et B et des micro-cristaux d'oxalate de calcium.  Dans l'espèce canine, la symptomatologie est digestive, dominée par des vomissements, de la stomatite avec une hypersalivation importante et des troubles de gastro-entérite.  Le traitement est symptomatique. Des accidents de dermatites allergiques sont décrits chez les personnes manipulant beaucoup de bulbes.

 

 

 

Oignon

Allium cepa:  l'oignon de cuisine contient un dérivé soufré, le disulfure d'allyl propyle qui agit au niveau de loignon'hématie.   Il entraîne une dénaturation oxydative irréversible de l'hémoglobine, avec formation ce corps de Heinz, une oxydation des lipides membranaires et la formation de methémoglobine.  Cette pathogénie est à l'origine d'une anémie hémolytique chez le chien:  après un ou plusieurs repas d'oignons crus ou cuits, on observe en 24 ou 48 heures, une perte d'appétit, une pâleur des muqueuses, un état de fatigue, de la prostration et parfois de la diarrhée (pouvant contenir du sang).  Des vomissements, de la tachycardie, une parésie du train postérieur ou des convulsions sont relevés.  Les urines sont peu abondantes, foncées, avec hémoglobinurie, hématurie et bilirubinurie.  Le traitement consiste à favoriser l'élimination digestive avec de l'huile de paraffine et à stimuler la diurèse.  On préconise une vitaminothérapie et du fer en intramusculaire.  Sur un animal très atteint, une transfusion est envisageable.

Muguet

Muguet (Liliacées). Convallaria majalis:
 
A)  Généralités: 
Fleurissant à l'état sauvage d'Avril à Mai, cette herbacée prospère dans les sous-bois de notre hémisphère.  On lmugueta trouve cultivée comme plante ornementale, en fleurs à couper ou pour son essence florale.  La médecine l'utilise comme tonicardiaque et comme diurétique.  Convallaria majalis:   le Muguet de Mai est également nommé Lis des vallées, Clochette des bois ou Guillet.  Cette vivace à rhizome atteint la hauteur de 10 à 30 cm.  Ses deux feuilles vertes présentent un pétiole entourant la partie inférieure de la tige, par des gaines membraneuses emboîtées les unes dans les autres.  Le limbe est allongé, aiguë au sommet, avec des nervures non ramifiées.  Les fleurs, regroupées en grappes lâches, portées toutes du même côté par une hampe, sont blanches ou parfois roses;  chaque bouton floral naît à l'aisselle d'une bractée.
 
 
  
B)  Localisation et structure chimique:  
Les racines, les feuilles, les fleurs et les baies renferment une quinzaine de glucosides cardiotoniques.  Les concentrations les plus élevées se trouvent dans les graines, qui en contiennent environ 0,45 %, suivies des fleurs (0,4 % de leur poids sec) et des feuilles (0,13 % à 0,2 %).  Les glucosides sont des hétérosides qui, sous l'action d'une enzyme, ont la propriété de s'hydrolyser en donnant un produit constant, un ose et une partie dite aglycone ou génine qui est généralement à l'origine des caractères pharmacodynamiques, donc de la toxicité du glucoside.  La convallatoxine ou convallatoxoside  (localisée principalement dans les feuilles), et la convallamarine ou convallamaroside (particulièrement concentrée dans les fleurs) sont les plus puissantes.  Elles appartiennent au groupe des cardénolides, extrêmement actifs.  Le type cardénolide possède un anneau lactonique pentagonal fixé sur le carbone 17 du noyau cyclo-pentano-perhydrophénanthrénique.  La convallarine ou convallaroside est une saponine glucosidique, contenue dans les fleurs et le péricarpe des baies.
 
C)  Effets physio-pathogéniques 
 
A forte dose, ces hétérosides sont très dangereux chez des individus n'ayant pas de pathologie du coeur.  Leur action est du même type que ceux de la digitale, avec un effet vasoconstricteur et inotrope positif.  Comme lors d'une intoxication par les digitaliques, la conduction cardiaque devient défaillante, entraînant une contraction ventriculaire prématurée, de la tachycardie ou des fibrillations du ventricule.  La pathogénie présumée de ces toxiques, serait l'inhibition  d'une pompe membranaire enzymatique Na+K+ATPase, ayant pour conséquence une augmentation intracellulaire des ions Na+ et de ce fait des ions Ca++;  ce qui conduit à l'accroissement des contractions du tissu musculaire cardiaque.  Cependant, le praticien ne devra pas se laisser abuser par le tropisme myocardique car la symptomatologie dominante est souvent digestive et nerveuse, les troubles cardiaques n'apparaissant que tardivement.
 
 
D) Signes cliniques.
 
 L'intoxication  se produit par mâchonnement d'un brin fleuri, des feuilles ou des fruits.  On rapporte un cas chez un enfant qui aurait bu l'eau d'un vase ayant contenu un bouquet. Les manifestations digestives et cardio-respiratoires dominent:  des vomissements sont présents chez 4 sujets (spumeux ou contenant du sang); de la diarrhée et une hypersalivation (1 animal) peuvent également apparaître.  De la bradycardie (2 cas), de la tachycardie (1 cas) et de la dyspnée (1 cas) sont observées.  Des variations de la température corporelle sont relevées:  un chat en hypothermie et en état de choc, un autre, en hyperthermie.  Une modification du diamètre pupillaire est notée chez un seul sujet (mydriase).
 
 
E) Traitement :
 
De l'atropine par voie veineuse ou sous-cutanée est fortement préconisée (0,2 ml à 0,025 % par kg ).  Elle possède une action parasympatholytique, anticholinergique, antisécrétoire et antispasmodique.  Si l'ingestion s'est faite dans les deux heures précédentes, un lavage gastrique et l'administration de charbon activé sont conseillés pour évacuer et neutraliser les principes actifs. Dans un premier temps, on peut également faire vomir l'animal et utiliser des purgatifs.  Ensuite, on prescrira des pansements gastriques et des anti-vomitifs.  Une surveillance cardiaque sera effectuée et des anti-arythmiques et des analeptiques cardio-respiratoires seront éventuellement injectés par voie parentérale.  Une perfusion de glucose isotonique facilitera l'élimination urinaire des composés toxiques.