Chou fourrager
Brassica oleracea var. acephala dc. Chou fourrager
Bromatologie. Brassica oleracea var. acephala Dc. - Chou fourrager - Famille des Crucifères. Le chou fourrager est cultivé en France sur près de 300 000 ha principalement en Vendée, dans le Poitou, en Bretagne. C'est une culture fourragère susceptible de fournir jusqu'à 50 t à l'hectare. La variété la plus cultivée est le chou moellier blanc ou rouge, à grande tige renflée en fuseau remplie de moelle et à feuilles très amples. Les feuilles et les tiges de chou constituent une excellente nourriture pour les vaches laitières.
Principes toxiques.
Le chou moellier contient dans toutes ses parties des hétérosides souffrés: sinigroside, gluco-brassicine, progoitrine qui donnent par hydrolyse respectivement de l'isothiocyanate d'allyle, de 3-indoylméthyle, de 2-hydroxy-3-butényle. Ce dernier corps se cyclise pour donner la vinylthio-oxazolidone ou goitrine qui est un puissant anti-thyroidien.
Les ions thiocyanates ont également un pouvoir antithyroidien. Les feuilles de chou en contiennent 7 à 100 mg\kg. La teneur est maximale au printemps.
Le chou renferme également 0,3 à 0,4 p. 100 de nitrates. Le principe responsable de l'anémie étudiée par Rosenberger n'a pas été isolé.
Description clinique de l'intoxication.
Le chou moellier est susceptible de provoquer plusieurs types de troubles qui sont en relation avec la présence d'hétérosides souffrés ou dûs à des principes inconnus.
a) Anémie des bovins.
Elle a été décrite par Rosenberger sur les vaches laitières consommant de fortes quantités de choux moelliers, 20 à 50 kg\j, ou pendant une longue période. Le principe responsable est inconnu. Cette anémie n'apparaît d'ailleurs pas fréquemment. Dans l'Ouest où l'on utilise couramment le chou moellier pour l'affouragement du bétail, il ne semble pas que de tels accidents aient été constatés. L'affection serait favorisée par l'aphosphorose, par la distribution de choux gelés; selon Angelo, seule la plante en graine provoquerait l'anémie.
Symptômes-Lésions. C'est une anémie très sévère. Le nombre de globules rouges diminue de 6 à 1,5 millions par milimètre cube. L'hémoglobinurie est un symptôme fréquent et précoce. La sécrétion lactée diminue. Les animaux maigrissent, se déplacent péniblement. Si la distribution de choux se poursuit, la mort survient fréquemment.
b) Action antithyroidienne.
L'importance réelle de cette action sur les animaux et sur l'homme buvant le lait de vaches nourries avec de grandes quantités de choux est très controversée. La distribution de choux augmente la teneur en ion thiocyanate dans le sang et provoque son apparition dans l'urine. Sinclair et Andrews ont observé un taux élevé de goitres et de mortinatalité sur des agneaux nés de mères ayant consommé de grandes quantités de choux moelliers. Ces résultats ont été retrouvés en France par Lombard et Raby chez le chevreau.
En France cependant, ce type d'accident est peu fréquent. Il a été signalé chez la chèvre. La goitrine peut passer dans le lait et donc être absorbée par l'homme. La goitre endémique en Tasmanie a été attribué par Clements en Wishart à l'utilisation de chou moellier. Inversement selon les travaux de Virtanen, les quantités de goitrine trouvées dans le lait sont insuffisantes pour provoquer le goitre chez l'homme. Stanley et Astwood arrivent aux mêmes conclusions.
c) Intoxication aigue par les sommité fleuries.
Elle survient à la suite d'une consommatin excessive de sommités fleuries, ou d'une consommation moyenne pendant une dizaine de jours. Selon Priouzeau qui l'a fort bien décrite, l'intoxication débute par une dyspnée intense accompagnée d'une toux sèche, douloureuse et de l'émission d'un jetage spumeux. Ces signes s'accompagnent d'inrumination, de météorisation légère, la muqueuse oculaire est rouge violacé. Les troubles peuvent regresser en trois à cinq jours ou au contraire s'aggraver. La mort survient alors par asphyxie.
Traitement - Prophylaxie.
Anémie de Rosenberger : administration de phosphore, de magnésium, de fer et de cuivre. Intoxication par les sommités fleuries: saignée, révulsion, analeptiques cardiaques et respiratoires. Traitement de l'inrumination. Il est prudent de ne pas donner des quantités excessives de choux aux femelles en gestation et de veiller à l'équilibre minéral des rations.