a) Développement du comportement social. - b) Moyens de communication. - c) Comportement agonistique. - d) Facteurs de cohésion sociale. - e) Structure sociale.
a) Développement du comportement social.
- la période néo-natale: de 0 à 10 jours.
- la période de transition: de 10 à 21 jours.
- la période de socialisation: de 21 jours à 9 semaines.
- la période juvénile: de 9 semaines à la puberté.
Le développement social présente les mêmes caractéristiques et se déroule selon le même schéma que dans l'espèce canine. Les mouvements d'aversion vis-à-vis des êtres ne présentant pas les caractéres d'une espèce reconnue comme amie apparaissent aussi à partir de 40 jours.
La période de socialisation est plus courte que chez le chien. Elle comprend d'abord l'identification des caractères supraindividuels de l'espèces et ensuite l'apprentissage des moyens de communication et des modalités des relations sociales. Ces deux derniers éléments sont limités chez le chat .
- Communication olfactive
Elle est utilisée pour transmettre des messages permanents. Des phéromones sont produites par différents appareils de telle sorte que la salive, l'urine et les matières fécales ( c'est moins sûr, car elles sont fréquemment enterrées) en contiennent. Elles ont également pour origine les glandes anales et les glandes cutanées situées autour de la bouche, sous le menton, dans le conduit auditif externe, au niveau de la tempe, dans la zone périanale, sur la face supérieure de la queue..
La matou passe une partie de son temps à asperger d'urine certains points de son domaine vital. Il procède à la miction debout, la queue est verticale et agitée de tremblements et le jet est horizontal. Le message est supposé rensigner sur l'identité et les mouvements de celui qui l'émet, mais aussi à attirer une éventuelle femelle en chaleurs.
Pour déposer les substances odoriférantes provenant de ses glandes cutanées, le chat frotte celles-ci sur les objets ou les personnes qu'il désire imprégner.
- communication auditive
Le répertoire vocal du chat est plus important que celui du chien. MOELK classe les sons émis en trois catégories:
- Ceux qui sont émis, la bouche étant fermée: il s'agit principalement du ronronnement que des études électromyographiques attribuent à l'activité de certains muscles du larynx, la glotte étant partiellement fermée. Il existe déjà chez le chaton de deux jours. Le ronronnement se produit à de nombreuses occasions: le grooming, après un repas, lors de la dispensations de caresses, pour saluer une personne, lorsque l'animal éprouve du plaisir. D'autres sons plus brefs, sont aussi émis la bouche fermée: lorsqu'un chat s'aperçoit qu'il va recevoir quelque chose de son propriétaire
( "murmure de remerciement") et lors du comportement précopulatoire.
- Ceux qui sont émis , la bouche étant ouverte puis graduellement fermée: il s'agit de toute la gamme des miaulements qui s'observent dans de nombreuses circonstances: la colère, la vue d'une proie, lorsqu'un animal est égaré, quand il se plaint ou demande quelque chose à son propriétaire.
- Ceux qui sont émis la bouche ouverte; ils expriment généralement une émotion intense: à l'occasion d'une surprise, lors du combat, lors de l' accouplement. Ce sont des gragnements, des feulements, des soufflements, des sifflements ou des cris aigus.
- communication visuelle
Différentes attitudes corporelles et quelques mimiques faciales particulières sont utilisées pour la communication à courte distance. Comme le chat est peu sociable, elles sont relativement peu marquées et semblent surtout destinées à faire comprendre si l'interlocuteur peut ou ne peut pas approcher.
- Regard fixant l'adversaire, pupille contractée, oreilles dressées, corps faisant face et prêt à bondir en avant et à frapper: menace offensive.
- Regard fixant l'adversaire, oreilels couchées, corps présenté de flanc, le dos arqué, queue verticale ou en forme de S, poils hérissé: menace défensive.
- Position accroupie ou couchée en "sphinx", oreilles portées sur le côté ou en arrière: soumission passive. Cette attitude est celle adoptée apr une femelle en chaleur ou par un mâle qui n'est pas dans son territoire lorsqu'ils sont approchés par le matou territorial.
- Queue verticale, pupille dilatée, regard et oreilles dirigées vers l'autre animal en direction duquel il marche: approche amicale.
- Roulade sur le dos, course avec la queue en U ouvert vers le bas, station dressés sur les postérieurs avec mouvements des antérieurs: jeu.Outre les éléments cités ci-dessus, signalons que lorsqu'un chat "fait ses griffes" sur un objet, non seulement, il les aiguise, mais également, il laisse sur cet objet une marque visuelle qui pourrait être un signal pour ses congénères.

Les combats sont rares : le comportement de prises de contact et les luttes sont ritualisés.
Quand deux chats se rencontrent pour la première fois, ils commencent par se fixer mutuellement du regard. La distance qui les sépare est lentement et prudemment réduite. Ils procèdent ensuite à une exploration mutuelle. Les régions produisant des phéromones sont flairées avec soin. Ensuite, si l'un des deux animaux est sur son territoire, il le marque généralement par une miction. Finalement, on assiste soit à l'éloignement des deux chats, soit à des activités de déplacement (self grooming, flairage du sol) soit à la fraternisation (contacts tactiles, mutual grooming) soit à un combat.
Les moyens de lutte sont les griffes et éventuellement les dents. Les endroits visés sont: les joues, le cou, le garrot et la région de l'épaule ( chez les mâles, la peau y est souvent épaissie, on considère cela comme un caractère sexuel secondaire).
Comme les combats sont très ritualisés, ils sont plus bruyants que meurtriers. Un individu acculé sur le dos et se défend au moyen de ses griffes de ses quatre membres.
Les combats sont surtout le fait des matous, lors du rut. En dehors de ces conditions, les chats évitent de se battre et essayent de maintenir une certaine distance interindividuelle ( minimum: 1 à 1,5 mètre). La régulation de cette distance se fait par fixation mutuelle ( menace offensive ou défensive) et éventuellement par la poursuite de l'un par rapport à l'autre sur une courte distance.
d) Facteur de cohésion du groupe
D' autre part, lorsque des chats sont forcés à vivre ensemble par les circonstances ( personne gardant dans sa maison plusieurs chats ), on observe qu'un individu occupe une position dominante. Cet animal déambule fièrement, le dos arqué et la queue relevée, il dévisage les autres et effectue des mouvements de monte sur les mâles et sur les femelles. Parmi les autres, les rapports dominant-dominé sont très flous ou inexistants. Un ou plusieurs individus peuvent être hyper-dominés. Ils sont fréquemment attaqués par les membres du groupe et deviennent très craintifs, ce sont de véritables parias, des souffre-douleur. Les félins ne constituent donc pas des hiérarchies comme les autres aniamux domestiques.
L'organisation sociale est basée sur la territorialité, les relations avec les congénères étant réduites à l'accouplement et à l'élevage des jeunes.
Le territoire fait partie du domaine vital qui peut être beaucoup plus grand que lui. Les surfaces respectives du territoire et du domaine vital
d'un chat varient beaucoup selon la densité de la population et selon le type d'environnement.
Certains auteurs estiment que le domaine vital peut s'étendre de quelques ares à 25 hectares.
Les matous sont plus territoriaux et possèdent des territoires plus grands et plus stables que les femelles et les castrats.
Certaines zones et certains sentiers du domaine vital sont communs à plusieurs animaux qui, généralement, les utilisent à des moments différents de la journée ou de la nuit.
La priorité de l'accès à ces zones ou du passage sans ces sentiers n'est pas réglée par un rapport de dominance, mais sur la base "premier arrivé, premier servi" ou sur la base d'une sorte d'horaire fixant à certaines heures la préséance d'un individu et à d'autres heures, celle d'un autre.