Philodendron
Philodendron species: ce genre regroupe environ 120 espèces, à la végétation grimpante de
type liane (atteignant plusieurs mètres de hauteur), qui forment des racines aériennes au niveau de chaque noeud. Philodendron species: contient environ 0,7 % d'oxalate sous forme de cristaux calciques. Chez les carnivores domestiques, son ingestion entraîne l'apparition d'un syndrome digestif (diarrhée, vomissements, coliques). Chez le chat, cette plante verte est responsable d'intoxication mortelles (50 % des cas). Des symptômes d'insuffisance rénale et parfois d'encéphalite (nervosité, tremblements, convulsions ou opisthotonos) peuvent souvent s'ajouter aux troubles digestifs. Sa toxicité est cumulative et ses manifestations se maintiennent pendant un mois. La mort fait suite aux altérations de la fonction hépatique.
Dieffenbachia
A) Généralités:

Toutes les espèces de cette famille de Monocotylédones contiennent dans leurs cellules, des paquets de cristaux d'oxalate de calcium de fines aiguilles. Selon les genres, les plantes renferment aussi des enzymes protéolytiques, des glucosides irritants et d'autres substances dont le rôle pathogénique n'est pas encore bien connu. Très répandu, ce végétal est caractérisé par une tige droite et épaisse. Les feuilles larges, de forme elliptique, avec une nervure centrale très saillante, sont très décoratives: elles ont des panachures, des marbrures ou des rayures, blanches ou crèmes sur fond vert.
Les racines, les feuilles mais surtout les tiges contiennent un suc, très irritant pour les muqueuses. Celui-ci renferme des cristaux de monohydrate d'oxalate de calcium, auxquels on donne le nom de raphides. On trouve en outre, de l'acide oxalique libre et des sels solubles d'oxalate. Il existe une relation entre le ratio oxalate\cristaux d'oxalate et la toxicité relative de la partie végétale considérée. La tige (ratio 0,29) est plus toxique que le pétiole (0,12) lui-même plus actif que la feuille (0,003). Des doses létales 50 % sont déterminées chez le cobaye, par l'administration de jus de Dieffenbachia picta. Celui-ci est obtenu à partir de tiges ou de pétioles frais. Les valeurs sont rapportées dans le tableau ci-dessous. DL 50 per os - tiges 0,6 à 0,9 g de tiges\24 heures; DL 50 per os - pétioles 1,44 g de pétioles\24 heures; DL 50 voie intrapéritonéale-tiges 1 g de tiges\24 heures
L'hypothèse la plus réaliste semble la combinaison d'une irritation mécanique lors de l'effraction tissulaire et d'une injection simultanée d'autres constituants comme l'acide oxalique et les enzymes. Ces dernières contribuent à l'inflammation en provoquant la dégranulation des mastocytes et la décharge d'histamine. Au USA, elle représente avec celle due au Philodendron, près de 8 % des cas incriminant des plantes. Elle se produit lors de projection de sève dans l'oeil, sur la peau ou après mastication d'une partie de végétal, le plus souvent les feuilles ou les tiges.
B) Signes cliniques:
Sur les 37 intoxications par le Dieffenbachia, 31 ont présenté des signes cliniques. En effet, dans 16,2 % aucun symptôme n'a été observé entre l'exposition au toxique et le moment de l'appel au Centre de toxicovigilance. Nous notons dans les deux espèces , essentiellement des troubles du transit: vomissements (40,5 %), diarrhée (32,4 %), coliques (10,8 %) et dysphagie (5,4 %); ceux-ci sont accompagnés de signes d'irritation et d'inflammation des muqueuses du tube digestif: hypersalivation (24,3 %), ulcération buccale (13,5 %), gastrite ou entérite (8,1 %); l'animal peut être temporairement anorexique en raison de la douleur causée par l'inflammation (18,9 %). Les troubles neurologiques, moins fréquents et principalement observés chez le chat, mettent en évidence un abattement général de l'animal: prostration (8,1 %), ataxie, parésie ou paralysie du train postérieur (5,4 %), attitude anormale, décubitus et coma (2,7 %); on observe également des symptômes en "hyper" comme des trémulations musculaires (10,8 %) (également sur un chien) et de l'hyperexcitabilité (2,7 %).
Chez le chat, au niveau de l'appareil urinaire, des néphrites (8,1 %) sont reliées à l'augmentation de la créatinémie (2,7 %) mais surtout de l'urémie (18,9 %). On peut trouver du sang dans les urines dans 2,7 % des cas. La dyspnée (16,2 %) est le trouble respiratoire le plus souvent présent. De la polypnée et de la tachycardie ne se manifestent que dans 2,7 % des appels. Ces troubles cardio-respiratoires ne sont relevés que dans l'espèce féline. Lorsque la sève est projetée dans l'oeil d'un chien ou d'un chat, la douleur est immédiate et intense. Dans le cas d'une projection oculaire, on conseille un lavage des yeux, immédiat et abondant, à l'eau, au sérum physiologique ou avec une solution de nettoyage oculaire (tiède). Un examen ophtalmologique minutieux est indispensable.
Dans le cas de symptômes digestifs, on préconise la mise en oeuvre: d'un rinçage abondant à l'eau tiède de la gueule de l'animal ou des bains de bouche au gluconate de calcium à renouveler plusieurs fois; d'un lavage d'estomac pratiqué sur animal inconscient (anesthésie générale), tête placée en position basse et avec mise en place d'une sonde intra-trachéale (soluté isotonique de NaCL - 5 à 10 ml\kg contenant en suspension un adsorbant - charbon végétal activé officinal en poudre - 5 à 50 g); de pansements gastro-intestinaux (type hydroxyde d'aluminium); d'anti-vomitifs (météclopramide - 1 à 3 mg\kg - intramusculaire); d'antispasmodiques; pour pallier la dysphagie, l'animal sera nourri avec une alimentation liquide ou laissé à la diète hydrique, le temps nécessaire à l'atténuation des troubles.
Un traitement général peut éventuellement être appliqué avec emploi: d'antiseptiques et\ou anti-infectieux gastro-intestinaux, en particulier lors de diarrhées hémorragiques (sulfamides, oxyquinoléine et dérivés); de sédatifs (chlorpromazine - 0,5 mg\kg en intramusculaire) et d'antalgiques pour soulager la douleur; d'anti-histaminiques (prométhazine - 2 mg\kg, diphénhydramine - 4 mg\kg, ces molécules sont de plus hypnotiques et antalgiques).