Chanvre indien
Description botanique.:
On a longtemps affirmé que l'espèce comprenait deux variétés; sativa et indica. En fait, si aucune différence
morphologique n'est visible, des phénotypes existent, définis par des critères chimiques: le chanvre à résine, "type drogue", très riche en delta 9 tétrahydrocannabinol (taux de THC supérieur à 0,5 %) et pauvre en cannabinol, pousse dans les pays à climat chaud (Mexique, Inde). Dans ces régions du monde, on le cultive d'ailleurs de façon illicite pour les propriétés psychotropes de sa résine.
Cannabis sativa variété indica: son nom vient du latin "cannabis" chanvre et de "sativa" cultivé. Cette plante herbacée annuelle peut atteindre 2 mètres de hauteur. L'espèce est dioïque. Les racines sont pivotantes, la tige dressée est rameuse et anguleuse. Opposées dans la région basale, les feuilles deviennent alternes vers le sommet de la plante.
Principes toxiques et structure chimique.:
La chimie du chanvre est particulièrement complexe. Les cannabinoides (52 identifiés à ce jour) représentent la plus importante classe de composés du Cannabis sativa. Ce sont des composés phénoliques de la série terpénique, de plusieurs types: le cannabidiol, le cannabinol et le delta 9 tétrahydrocannabinol ( THC). Ce dernier est le plus actif. Il est concentré dans les bractées chargées de résine des sommités fleuries. On le trouve en moindre proportion dans les graines et les feuilles. Les pieds mâles sont souvent aussi riches en THC que les pieds femelles.
Effets physio-pathogéniques.:
L'action pharmacologique se ferait par inhibition du système parasympathique, au niveau des récepteurs à l'acétylcholine. Une activité sur le métabolisme du GABA a également été envisagée. Très liposolubles, les cannabinoides sont rapidement absorbés par l'organisme. Le THC est hydroxylé au niveau hépatique, en métabolites actifs; ces derniers sont éliminés après conjugaison, par voie urinaire. Le THC a un effet inhibiteur sur le turn-over des phospholipides des membranes plasmiques des lymphocytes. Il possède également un effet toxique sur toutes les phases du cycle cellulaire (croissance de la cellule synthèse de l'ADN et division cellulaire).
Intoxication. :
Elle se produit par ingestion de drogue sous forme boulettes ou de plaquettes, découvertes fortuitement par l'animal; parfois lorsque le toxicomane souffle la fumée de sa cigarette au haschich, sur le museau de l'animal familier, pour s'amuser de ses réactions. L'absorption directe de la plante a été rarement incriminée. Les chiens utilisés pour le dépistage de la drogue peuvent également être des victimes. Une heure après l'absorption de la drogue, le chien présente une modification de son comportement psychique et moteur: il peut ne plus obéir à son maître, voire devenir agressif à son égard. Il erre sans but, a du mal à se lever, se déplace d'une démarche ataxique avec des mouvements instables, s'appuie ou se cogne contre les meubles et même tombe sur le sol. Il semble ressentir une grande faiblesse musculaire générale, entrecoupée de trémulations intermittentes. L'animal paraît tantôt déprimé avec des phases de somnolence tantôt hyperexcité. Les états de vigilance correspondent aux périodes d'hyperesthésie: l'animal est attentif au moindre but. Victime d'hallucinations, sa tête et son regard semblent alors suivre un mouvement invisible dans la pièce. Pendant les moments d'hypoesthésie, il paraît insensible à tout et presque endormi. Ces signes peuvent évoquer une méningo-encéphalite ou une autre atteinte cérébrale. Les yeux d'aspect vitreux, en myosis, réagissent cependant à la lumière. Un examen ophtalmologique ne signale aucune autre anomalie.
Traitement.:
Il est uniquement symptomatique et vise l'élimination du toxique du tube digestif et le maintien des fonctions vitales: on peut faire vomir l'animal (apomorphine en sous-cutanée ou intramusculaire - 0,05 à 0,1 mg\kg) et administrer des adsorbants digestifs (charbon végétal activé). La perfusion de solutés (Ringer-lactate) accélère l'élimination urinaire des métabolites. Certains auteurs préconisent l'administration de diazépam (pour calmer l'hyperexcitabilité et l'agressivité - 0,5 mg\kg) de corticoïdes ou d'atropine. Des analeptiques cardio-respiratoires peuvent éventuellement être employés (caféine, théophylline, heptaminol).
En résumé: les praticiens doivent être sensibilisés à la possibilité de survenue d'un tel incident. En raison de la crainte des répercussions légales, un client sera presque toujours réticent pour avouer que son chien a absorbé du Haschich. Un examen attentif de l'animal et un interrogatoire minutieux du propriétaire permettent parfois d'orienter le diagnostic dans la bonne direction. Ce syndrome clinique est difficilement rattachable à une autre affection connue, en raison de ses particularités symptomatologiques: dépression du système nerveux central, ataxie et perturbation du comportement.