Développement du comportement social - Les moyens de communication - Le comportement agonistique - Facteurs de cohésion du groupe - Structure sociale - Comportement social et utilisation du chien.

 

Développement du comportement social

Le développement du comportement social dans l'espèce canine s'effectue de manière progressive pendant la croissance en suivant une chronologie pratiquement immuable.
J.P. Scott etJ.L. Fuller ont divisé le jeune âge du chien en plusieurs périodes:
- la période néo-natale: de 0 à 14 jours.
- la période de transition : de 14 à 21 jours.
- la période de socialisation : de 21 à 12 semaines.
- la période juvénile: de 12 semaines à la puberté.

      - La période néo-natale        

Pendant cette période, l'interattraction sociale est très réduite et le rapprochement des chiots l'un vers l'autre est dû à leur intérêt commun pour le nid et leur mère. Il est aussi destiné à assurer une meilleure thermorégulation.

     - La période de transition  

Elle correspond à une ouverture du chiot au monde extérieur par la mise en fonction de ses organes des sens et par un développement de ses aptitudes motrices. Il explore sa mère et ses frères et soeurs. On n'observe pas encore de réaction de peur.

     - La période de sociabilisation  

Elle peut être subdivisée en deux phases successives:
- la phase de formation: de la 4ième à la 7ième semaine
- la phase de socialisation proprement dite: de la 8ième à la 12ième semaine.

                               La phase de formation

Durant cette période, le chiot identifie les espèces amies, c'est-à-dire celles avec lesquelles des relations sociales peuvent être entretenues ( en principe l'espèce canine et l'espèce humaine). Il est attiré par les individus qu'il rencontre, il n'éprouve pas de peur envers eux ou la domine facilement. Il apprend à les reconnaître et à généraliser les caractères de reconnaissance. A partir de l'âge de 40 jours, il commence à avoir des réactions d'aversion envers des animaux ne présentant pas ces caractères. La période correspondant à cette phase de formation est donc une période critique pour l'apprentissage des critères d'identification des espèces amies.
A ce moment on observe aussi que certaines modalités du comportement social commencent à se évelopper, principalement par le jeu. A tros semaines et demi, le chiot effetue la posture d'invitation au jeu. A partir de la quatrième semaine, le chiot apprend la " morsure inhibée", celle qui est tolérée par un partenaire de jeu mais qui est insuffisante lors d'un combat agressif. A cet âge apparaît également le comportement de défense d'un objet ou d'une substance alimentaire.

                              La phase de socialisation proprement dite                                        

   Etapes du developpement comportemental du chien
 developpementcomportemental
Durant cette période, la crainte s'installe et limite de plus en plus la possibilité d'établissement de rapports avec de nouvelles espèces.
Les individus nouveaux, ne présentant pas les caractères observés et mémorisés pendant la période de formation font l'objet de réactions de crainte ou de réactions agressives.
Par contre, cet âge est propice à l' apprentissage déjà commencé précédemment des moyens de communication et du comportement de groupe.Par le jeu avec ses frères et soeurs, par les rapports avec sa mère et avec d'autres animaux adultes, le jeune chien apprend à accepter la suprématie des individus hiérarchiquement supérieurs. Il apprend à suivre les leaders. Il a confiance en eux et attend une certaine protection de leur part.

       - La période juvénile    

Elle peut aussi être subdivisée en deux phases:                                                                                                                                                                      
- la phase de hiérarchisation: entre 3 et 4 mois                                                                                                                                                                    

- la phase d'organisation en bande : entre 4 mois et la puberté

          phase de hiérarchisation

Au cours de cette phase, les relations de dominance et de subordination sont établies entre les membres de la nichée par des combats qui peuvent être sérieux. Un chiot, mâle ou femelle, devient l'individu dominant de la bande. Parmi les plus dominés, on observe parfois des retards dans le développement physique ou psychique ( juvénilité comportementale à l'âge adulte).
La soumission aux chiens adultes et à la mère n'est pas remise en question.
La phase de hiérarchisation comprend également le renforcement de la sociabilisation effectuée plus tôt.

         phase d'organisation en bande

Durant cette phase, les positions hiérarchiques se renforcent, le développement comportemental typique de l'espèce étant pratiquement acquis.

 

Les moyens de communications

 

1 - Communication olfactive


       L'odorat est le sens le plus développé chez le chien. La communication olfactive st donc beaucoup utilisée aussi bien pour transmettre des messages à courte distance qu'à longue distance ( plusieurs kilomètres). Le chien détecte les acides aliphatiques à une concentration 100 fois  plus petite que celle décelable par l'homme. Il peut distinguer les odeurs de jumeaux univitellins.
Le rôle social du dépôt d'urine et de matières fécales a été vu plus haut. De plus, des phéromones sont émises par les glandes anales et circumanales, par les glandes à cérumen du conduit auditif externe et par les glandes sudoripares et sébacées situées notamment au niveau du coussinet plantaire et dans une zone particulière de la face supérieure de la queue. ces substances sont différentes selon le sexe, l'âge, l'état des organes reproducteurs, le rang social, la nourriture, l'état émotionnel,....
Certains chiens ont l'habitude de se rouler dans des matières qui dégagent des odeurs fortes ( crottin de cheval, cadavre de lapin....), il semblerait qu'ainsi imprégné d'une odeur violente, ils "impressionnent" leurs congénères.

2- Communication auditive

      Comparativement à leurs congénères sauvages, les chiens émettent beaucoup de sons. On note de grandes variations selon les races: les Basenji n'aboient jamais ( leur larynx n'est d'ailleurs pas conformé comme celui des autres chiens), certaines lignées de cockers ou de teckels sont très bruyantes, les chow-chow et les chiens de traîneau sont très discrets...
Le répertoire vocal canin est très répandu: faibles plaintes, geignements, gémissements, halètements, grognements, glapissements, jappements, aboiements, hurlements....
Le chiot, dès sa naissance, émet plusieurs types de sons: un cri fort et aigu qui est un signal de détresse ( quand sa mère se couche sur lui ou quand il est isolé du reste de la nichée), des gémissements qui sont produits à l'occasion d'un besoin quelconque ( éloignement de la source de chaleur, vessie ou rectum rempli), des grognements ( en cas de réplétion stomacale ou de satisfaction).
Le chien adulte gémit rarement dans le cadre de la communication avec les autres chiens, ce signal qui est une rmanence d'un comportement infantile est destiné à l'homme. Son utilisation est le résultat de l'apprentissage.
Les cris aigus, les couinements expriment la douleur ou la crainte de la douleur.
L'aboiement est le son le plus utilisé. Il peut avoir diverses significations:
- saccadé, hargneux et groulé, il exprime la menace,
- sec et bref, il transmet un avertissement à ses congénères à la vue d'un danger ou d'une proie
- hurlé, il correspond à un état général d'excitation.
L'aboiement est aussi utilisé dans le cadre de la défense du territoire. Les chiens de chasse à courre aboient de façon différente selon le déroulement de la chasse.
Le grognement annonce le combat.
Le hurlement est un son très élaboré et diffère d'un animal à l'autre. Il est bien connu chez le loup et le coyote. Il est plus fréquent dans certaines races de chiens: husky, malamute, saomyède, chiens courants. Le hurlement est émis dans diverses circonstances: 
- appel d'un individu ou d'un groupe d'individus qui sont isolés ( les loups hurlent le plus souvent durant la période de l'année où les jeunes deviennent pubères et commencent à se disperser)
- lorsque le groupe est en proie à une excitation collective, par exemple, lorsque lors de la poursuite ou d'une chasse.
En général, lorsque le chien est assuré, sa voix est grave, quand il hésite ou quand il a peur sa voie devient aiguë.

3- Communication visuelle  


Le chien voit moins bien que l'homme. Iln e distingue pas nettement le contour des objets et sa perception des couleurs n'est sans doute pas très développée. Par contre, il voit relativement mieux dans l'obscurité et décèle très bien les mouvements, même à plusieurs centaines de mètres. les signaux visuels interviennent donc de façon importante, surtout à courte distance.

Expression corporelle, mimique faciale, activité gestuelle: soumissionchien
le port de la tête ( dressée ou abaisée), l'orientation du regard ( fuyant ou fixant le congénère),
le port des oreilles (dressées ou couchées), le fait de découvrir les dents de la mâchoire inférieure,
le port de la queue ( étendue, ou entre les jambes), le fait de la remuer, la position du corps sur les
membres ( bien d'aplomb, prêt à bondir, prêt à se coucher, en décubitus sternal, en décubitus latéral
avec présentation de la région ano-génitale), la mise en évidence de zones du corps dont la teinte est
contrastée ou le pôils le plus long ( intérieur de la cavité buccale, gorge, ventre, garrot, rein), piloérection....Tous ces éléments ont une valeur de signal à tel pointqu'on a pu établir une "anatomie
sociale" du chien.

Il faut cependant signaler que chez certaines races, cette anatomie de la communication a été modifiée soit par la génétique, soit par la chirurgie esthétique: qu'en est-il du port de la queue chez l'épagneul breton, de la piloérection chez le lévrier afghan et de l'orientation des oreilles chez le saint-hubert?

mimiqueschien

Plusieurs signes sont généralement employés pour exprimer le même état ou la même intention. Quand l'animal hésite entre deux dispositions ou deux tendances, ses attitudes le traduisent par un mouvement de compromis qui reflète avec une relative précision la nuance à exprimer ou bien par un mouvement composite signifiant alternativement l'une ou l'autre.

Citons quelques attitudes particulièrement connues:

-  Tête dressée, regard clair et dirigé vers le congénère, mimiquefaciale
oreilles droites et immobiles, queue portée: attitude de
 domination ou de menace. Le dominant et le dominé
 se disposent souvent l'un par rapport à l'autre de la
même façon que les traits d' un T. Le dominant est
représenté par le trait vertical orienté vers le milieu du
corps ( épaule) du dominé qui est figuré par le trait
horizontal.

- Tête en avant , oeil dilaté, sourcils relevés, oreilles couchées,

lèvre supérieure retroussée découvrant les dents, cou tendu,
queue portée: attitude de manace et de préparation à l'attaque.

- Tête dressée, oreilles droites, queue remuant, lèvre  supérieure

légèrement retroussée (sourire): accueil amical. Cette attitude ne
s' adresse habituellement qu'à une personne humaine.

- Tête détournée, regard fuyant, oreilles couchées, cou rentré,

queue remuant un peu: attitude de préparation à la fuite.

- Tête orientée de bas en haut vers la bouche du congénère, oreilles

à demi-couchées, position accroupie, queue entre les jambes: attitude
de soumission ( rappel de la position adoptée par le jeune qui demande
à sa mère de régurgiter de la nourriture).Cette posture est parfois
 accompagnée du léchage des lèvres. Ce dernier, lorsqu'il est dirigé vers les mains ou le visage du maître signifie aussi la soumission.

- Oreilles couchées, décubitus latéral, queue entre les jambes, présentation du ventre ou de la région ano-génitale au congénère ( rappel de la position adoptée par le jeune lorsqu'il sollicite de la part de sa mère un léchage du ventre ou de l'anus pour éliminer. Dans certains cas, en face d'un propriétaire autoritaire ou de la part d'un chien hypersoumis par exemple, ce comportement se prolonge jusque la miction de soumission.

- Membres antérieurs fléchis avec appui sur les coudes, cou arqué, pointe du museau tournée vers le haut, oreilles dressées ( ou couchées), regard orienté vers le congénère ( ou détourné), mouvements latéraux de la queue: attitude d'invitation au jeu.
Dans certains cas; cette posture est accompagnée d'une attitude de soumission ou de mouvements alternatifs d'approche et de retrait. Parfois aussi, le chien pose un membre antérieur sur le dos du congénère.

postureschien

 
 

4 - Communication tactile

Des informations transmises par le sens du tact seraient subtilement échangées dans certaines circonstances: chiens qui, se rencontrant, se "tâtent" de la truffe, chiens qui se reposent ou dorment côte à côte.

 

Le comportement agonistique

 

L'arme de combat principale utilisée par l'espèce canine est sa denture. Des coups de pattes ou des bousculades sont effectués pour se dégager ou pour déséquilibrer l'adversaire. Chacun des combattants essaye d'éviter les mâchoires de l'autre et de le saisir entre les dents où il peut l'atteindre, c'est-à-dire, généralement au cou, au garrot ou à l'épaule. Le vainqueur est celui qui parvient à jeter son antagoniste au sol et à l' y maintenir sous la menace de ses dents ou grâce à ses antérieurs. Le vaincu manifeste alors sa soumission en présentant la gorge ou en adoptant une des attitudes déjà décrites.
Quand un chien a l'intention d'attaquer, il le montre en adoptant l'attitude suivante: oreilles dressées, queue relevée, regard braqué, lèvre retroussée, corps bien d'aplomb sur les quatre membres, poils du garrot et des reins hérissés.

 

Facteurs de cohésion du groupe

 

- Hiérarchie de dominancesoumissionloup


    Au sein d'une meute de loups s'installe deux hiérarchies: une entre

mâles et une entre femelles. Chez les mâles, on distingue, par ordre
hiérarchique décroissant, un individu "alpha", des mâles adultes
subdominants, les mâles jeunes, puis les louveteaux de sexes mélangés
 et enfin, éventuellement, un individu "oméga" dominé par tous les
 autres qui peut être considéré comme "bouc émissaire".
Au sein des mâles, c'est le loup "alpha" qui règle la position hiérarchique
 de chacun par son comportement plus ou moins dominateur. La hiérarchie
n'est donc pas linéaire à proprement parler.
Chez les femelles, il y aussi un individu "alpha" qui se trouve ssur un plan
d'égalité avec le mâle "alpha". Ensuite, on observe les femelles adultes
subdominantes entre lesquelles s'établit un ordre linéaire, puis les femelles
jeunes et enfin les louveteaux mâles et femelles qui sont soumis à tous.
La femelle "alpha"  domine les mâles subdominants qui dominent les
femelles subdominantes qui elles-mêmes dominent les jeunes mâles
auxquels sont soumises les jeunes femelles.
Les conditions de vie du chien domestique ne lui permettraient qu'exceptionnellement de former des meutes d'une taille suffisante pour constituer un système hiérarchique semblable à celui du loup. Néanmoins, on observe au sein d'une nichée de chiots, entre 3 et 4 mois ( s'ils sont toujours ensemble à cet âge, ce qui n'est pas le cas normalement), s'établit une hiérarchie linéaire ou complexe, les jeunes étant soumis à tous les adultes.
Dans un foyer humain où vivent plusieurs chiens de compagnie des rapports doùminant-dominé s'établissent entre les individus. La position étant fonction de l'âge, du sexe et de la race notamment.

- Guidage  

 Ce phénomène est très développé dans l'espèce canine. Dans un groupe de chien, on peut observé qu'un des individus est guide pour une activité particulière tandis qu'un autre le sera pour une autre activité. Le guidange s'oberve aussi dans le cadre de l'acomplissement des tâches du chien domestique: chien de traîneau, chiens d'aveugle. 

- Associations préférentielles   

Ce type de relation établi à l'origine entre la mère et ses jeunes, puis entre les jeunes de la portée, constituerait un des facteurs de cohésion déterminants au sein de la meute chez le loup. La tendance à nouer des relations  préférentielles est aussi très marquée chez le chien. 

- Comportement allélomimétique   

Les chiens manifestent une tendance marquée à accomplir une activité commune. Ce comportement allélomimétique peut s' observer à de multiples ocasions:  les chiots essayent de suivre leur mère dès qu' il le peuvent, la présence d'un congénre a une action stimulante lors de la prise des aliments, lors de la course ( un chien est plus rapide s'il court avec un autre), lors du dressage ( utilisation d'un "moniteur"), dans la chasse aux lévriers ( les chiens se renvoient mutuellement le lièvre) et au sein des meutes de chasse à courre.
Ce comportement allélomimétique semble nécessaire au maintien de la cohésion des meutes, notamment au cours des chasses.   

- Comportement de rassemblement du troupeau   

Il existe probablement au sein des meutes et a été perfectionné par le dressage et surtout par la sélection des chiens bergers et bouviers.

 

Structure sociale

 

Fox classe les canidés sauvages selon leur mode de chasse en trois catégories:

- Les représentants du type I

( exemple: renard)Ils vivent en solitaires. Les proies sont proportionnellement petites. Les animaux adultes sont territoriaux et se rencontrent lors du rut. Les jeunes quittent la mère peu après le sevrage. Il n'y a pas de fonction de hiérarchie au sein de la nichée.
Les moyens de communication par expression corporelle ou faciale sont peu variés et peu peu nuancés ( "tout ou rien")

- Les représentants du type II

( exemple: chacal, coyote)Ils vivent en couple ou en groupes familiaux. Les proies sont plus grandes, leur capture nécessite la coopération entre plusieurs animaux, elles peuvent être partagées. Ces canidés ne sont pas territoriaux. Les groupes sont stables et les jeunes passent la saison hivernale avec les parents. La communicabilité entre les individus est plus développée, de même que le jeu. Dans certains cas, on observe des relations dominant-dominé. Lorsque les conditions écologiques changent, une structure de type I ou III peut être adoptée.

- Les représentants du type III

( exemple: loup, lycaon)Ils vivent en meutes. Les proies sont encore plus grandes, parfois beaucoup plus grandes que l'animal lui-même. La coopération est encore plus poussée, la technique de chasse est sophistiquée. Lameute comprend une ou plusieurs familles. La puberté étant tardive  (2 ou 3 ans), les jeunes restent longtemps en compagnie de leurs parents et de leur progéniture des années précédentes ou suivantes. Le loup n'est pas territorial, les domaines vitaux des meutes se recouvrent. La tanière est cependant défendue contre les individus ne faisant pas partie du groupe.
Les moyens de communication entre individus sont très élaborés et une entraide réelle existe ( au retour de la chasse, mâles et femelles régurgitent une partie du contenu stomacal afin de nourrir les jeunes et les individus âgés ou éclopés.)
Selon les conditions du milieu, les espèces appartenant au type III peuvent changer leur mode de chasse et revenir aux types I ou II;
Le chien chien domestique est un animal social. s'il en a la possibilité, il va tendre à adopter une structure sociale comparable à celle du type III de FOX.
Pour un chien de compagnie, la rue, le quartier, le parc ou la campagne où il se promène seul ou en compagnie de son maître est le domaine vital, tandis que la niche, la maison, la voiture ou le domaine du propriétaire est assimilé à la tanière, c'est-à-dire le territoire qui est défendu. L'homme occupe la place de l'individu "alpha" de la meute dont son animal s' imagine faire partie.

 

Comportement social et utilisation du chien

Pour utiliser ou même vivre correctement avec un chien, il est souhaitable de bien connaître les principes de l'apprentissage qui permettront de réaliser une éducation et un dressage adéquats. Nombreux propriétaires commettent des erreurs à cet égard, des chiens sont ainsi "gâchés" définitivement et doivent malheureusement être éliminés .      

- Socialisation  

 Pour qu'un chien domestique réponde aux critères exigés d'un animal de compagnie ou de travail, il faut qu'il soit correctement socialisé à l'homme.
Un chiot enlevé à sa mère et élevé au biberon, sans contact avec ses congénères, est hypersocialisé à l'homme. Il éprouve peu d'intérêt ou de la peur à l'égard des autres chiens. Son attachement et sa dépendance vis-à-vis des personnes humaines sont exagérés. On observe chez lui des troubles comportementaux: comportement sexuel orienté vers l'homme, comportement maternel perturbé ( lactation nerveuse), insuffisant ou inexistant (agalaxie), absence du répertoire de communication interspécifique. Devenu adulte, ce ne sera pas un chien et en tout cas, il n'aura pas conscience d'en être un.
A l'inverse, un chiot privé de tout contact humain pendant les trois premiers mois de sa vie est peureux ou agressif vis-à-vis de l'homme. Il évite toute proximité et tout contact physique avec lui. Il est éventuellement possible de l'apprivoiser ( socialisation secondaire), mais pas de l'éduquer ni de le dresser. Devenu adulte, il sera absolument inutilisable.
Pratiquement, il est donc essentiel que le chiot ait des contacts ausi bien avec les chiens qu'avec l'homme, dès le début de la période de socialisation
( c'est-à-dire dès qu'il a 21 jours).
Le nombre et la durée des contacts, de même que leur qualité, sont importants. La simple distribution de nourriture ne créant aucun lien.
Les chiots souvents manipulés et placés dans des situations variées et nombreuses où l'homme et le chien sont impliqués, deviennent plus forts psychiquement et sont plus aptes à comprendre  le dressage.
Selon l'utilisation que l'on aura du chien, on le socialisera plus ou moins à l'homme et plus ou moins à l'espèce canine.
Ainsi les chiens de compagnie, les chiens d'arrêt et retrievers peuvent être fort socialisés à l'homme. Ils vivent en permanence aà son contact et doivent être aptes à communiquer avec lui et à l'apprentissage.
Les chiens de garde et de défense doient être relativement bien socialisés à l'homme, suffisamment pour être bien dressés et pas trop pour ne pas faire preuve d'un excès de soumission vis-à-vis d'un malfaiteur dont ils sont supposés protéger leur maître ou ses biens.
Les chiens de chasse à courre et les lévriers doivent être très bien socialisés à l'espèce canine car ils vivent et chassent en meutes ou en petits groupes. Leur utilisation implique une parfaite coordination de leurs déplacements qui elle-même est sous la dépendance d'une bonne entente et d'une excellente communicablilité entre les individus.
Le schéma habituellement conseillé est le suivant ( il est à adapter à la race du chien et à sa fonction):
- entre le 21ième jour et la fin de la 6ième semaine: contacts et manipulations par l'éleveur.
- un jour de la 7ième semaine ( au cours de laquelle les chiots sont normalement sevrés) transfert du chiot du domicile de l'éleveur jusque chez son nouveau propriétaire.
De cette façon, la socialisation primaire du chien est acquise par le contact avec la mère et les autres chiots. les visites de l'éleveur permettent l'identification de l'homme comme espèce amie. Le transfert à un moment où l'aversion envers ce qui n'est pas connu n'est pas trop développée, évite le stress.
Il est à noter qu'il y a matière à discussion sur le moment le plus favorable au sevrage. Entrent en compte les possibilités de transmission de maladies virales, le moment des vaccinations, la compétence de l'éleveur et celle du maître.
Signalons qu'il est possible de socialiser des chiens à d'autres espèces animales à condition de les mettre en contact pendant la période de formation.       

- communication entre l'homme et le chien.   

Certaines attitudes, certains mouvements de l'homme ( parfois effectués inconsciemment) représente des signaux pour le chien qui peut y répondre. -  La stature verticale de l'homme et sa taille plus grande impressionnent le chien qui se sent dominé. Par contre, si l'on fait une chute sur le sol, on se trouve en infériorité. L'insolite de la posture, surtout si l'on s'agite un peu, incite le chien à attaquer.
-  L'oeil humain est très précis en son centre, son contour pupillaire étant nettement délimité, cette disposition est moins précise dans l'espèce canine. Or pour un chien, un regard fixe, focalisé et orienté vers lui, constitue un signal de provocation ( dévisager, c'est menacer dans le langage canin). Pour  approcher un animal sur ses gardes, il convient de regarder derrière lui, dans le vague, en ne laissant pas les yeux s'arrêter dans les siens.
-  La distance de fuite constitue la limite au-delà de laquelle un chien se sent en sécurité. Une clotûre, une haie, les barreaux d'une cage, la porte de la voiture ou de la maison peuvent se substituer à la distance de fuite. Si on franchit la limite, le chien se sent en danger et, selon son tempérament, il réagira par la fuite (s'il peut) ou par le combat ou encore par la soumission.Lors de l'éducation du jeune chien, entre la 7ième et la 16ième semaine, celui-ci est particulièrement réceptif à la notion de hiérarchie de dominance. Le maître doit donc lui faire clairement comprendre que sa place est celle d'un chef de meute et qu'aucune contestation ne sera permise.
On affirme sa position hiérarchique supérieure par la voix, par l'attitude, par l'orientation du regard. Il est conseillé de prendre fréquemment dans les mains le chiot, se saisir son museau et de le maintenir fermé ou de le plaquer au sol, d'agripper la peau du cou et de le secouer.
Au sein de la meute, l'individu "alpha" est flatté, caressé, léché, courtisé par les autres animaux. Si un propriétaire cajole de façon excessive son chien, celui-ci adoptera une position dominante.
Lors de l'éducation ou lors du dressage, il est toujours préférable d'utiliser le renforcement positif que le renforcement négatif ( récompenser un comportement souhaitable au lieu de punir un mauvais comportement). Un des renforcements positifs qui constitue une des meilleures récompense chez le chien est la caresse du ventre ou de la gorge. Il faut savoir aussi qu'une punition ne peut être prolongée après que l'animal a manifesté sa soumission et qu'elle doit être administrée immédiatement après l' acte fautif et non différée. En effet, le chien ne comprend pas la vengeance et réagira par la peur ou par une agressivité permanente à cette crainte. De même, il ne comprend jamais si on le punit lorsqu'il revient au pied après avoir commis une faute. Parmi les renforcements négatifs, les coups ne sont pas toujours perçus comme des punitions. Ils peuvent être interprétés comme un jeu ( coup administré trop miollement ou avec un journal) ou bien.....comme une récompense. Le contact physique avec son maître lors de coup le remplit de joie même si ce contact est brutal. la voix et l'attitude du maître ont un rôle aussi important que la vigueur des coups. La main ou la laisse ne peuvent être utilisées car l'animal doit associer punition et objet servant à punir. La pire des punitions est de secouer le chien par la peau du cou.   

- Tests de sélection comportementale

W. Campbell a mis au point une série de cinq test qui consistent en des manipulations des chiots:Ces tests  sont une indication, une idée, une papproximation du caractère du chiot , ils n'ont aucun caractère d'absolu...
Ils doivent, idéalement, être réalisés à 7 semaines ( entre 6 et 8 semaines), c'est-à-dire après la phase de formation et avant que l' éducation, le dressage et l'environnement aient modifié le caractère. On considère que le chien est "fait" à l'âge de 5 à 6 mois.
A 7 semaines, les tests permettent de révéler les tendances innées et de faire le bilan de l'influence de la mère et de la nichée, de l'état de socialisation et de celui de l'expérience précoce.
Le caractère du chiot sera ensuite modulé en fonction de son environnement, certaines tendances allant s'exacerber et d'autres s'atténuer.
Comment réaliser ces tests:

Test d'attraction par rapport à l'homme

Définissez une zone de votre choix, pénétrez à l'intérieur et placez doucement le chiot en son centre, puis éloignez-vous de lui de quelques mètres dans le sens opposé à celui par lequel vous êtes entré. Agenouillez-vous alors et essayer d'attirer le chiot en frappant doucement dans vos mains. Vous verrez alors s'il vient vers vous ou non, et, dans l'affirmative, s'il porte son fouet (queue) haut ou bas. Cela vous permettra d'apprécier son sens social et de tirer des conclusions sur sa nature, plus ou moins confiante, ou indépendante

Test d'aptitude à suivre l'homme

Debout près du chiot, éloignez-vous-en, en marchant normalement. Ses réactions révéleront clairement son aptitude plus ou moins grande à vous suivre. S'il ne vient pas du tout, il est très indépendant. Assurez-vous tout de même qu'il vous a vu démarrer.

Test de contrainte

Accroupissez-vous et couchez le chiot au sol en le roulant gentiment sur le dos; tenez-le ainsi, une main posée sur sa poitrine pendant 30 secondes. Le chiot peut se défendre férocement, crier, se débattre, mordre ou bien se calmer et vous lécher les mains. Sa réaction indique l'acceptation ou le refus de votre autorité ainsi que ses tendances-réflexes: réflexes actifs de défense (agressif) ou réflexes passifs de défense (couard).
(Durée 30 secondes)

Test d'acceptation de la dominance de l'homme

Un chien dominant pose ses pattes antérieures sur la nuque et le garrot du subordonné. Pour savoir s'il accepte votre domination, procédez de la façon suivante: accroupissez-vous à côté du chiot couché; caressez-le doucement depuis le sommet du crâne, en descendant le long du cou et du dos; exercez éventuellement une certaine pression pour qu'il reste dans cette position. Son attitude sous la caresse indique son acceptation ou son refus de votre dominance sociale. Un chiot très dominant essaiera de mordre, grondera ou sautera sur vous. Le chiot indépendant se contentera de s'écarter. (Durée 30 secondes)

Test de la position élevée.

Soulevez le chiot doucement, vos deux mains entrelacées sous son sternum, de façon qu'il ne touche plus terre. Tenez-le ainsi 30 secondes: le chiot, qui n'a plus aucun contrôle, doit se fier entièrement à vous et accepter votre dominance. Vous observerez alors s'il s'accommode ou non de cette situation. Vous le reposerez ensuite à terre et noterez le résultat.
(Durée 30 secondes )

   Test d'attraction par
rapport à l'homme
 Test d'aptitude
à suivre l'homme
 Test de contrainte  test d'acceptation
de la dominance de
 l'homme
 Test de la position
élevée.
 chiot très dominant
le chiot vient immédiatement, la queue
est portée haute, il se jette
 sur l'homme et mordille
ses mains
Il suit immédiatement,
la queue est portée haute,
il vient entre les pieds,mord
 les pieds
 Il se rebelle violemment,
 se débat et mord
Il saute sur l'homme
pose ses pattes, mord
grogne
Il se rebelle, mord,
grogne
 chiot dominant Il vient immédiatement, la queue haute et pose ses
 pattes sur les mains
il suit immédiatement, la
queue est haute et il vient
 entre les pieds de l'homme
Il se rebelle violemment,
 se débat 
IL saute sur l'homme,
pose ses pattes, lèche
les mains
se rebelle
violemment
soumis il vient immédiatement, la queue est basse il suit immédiatement, la
queue est basse
Il se rebelle, se calme
et lèche les mains
Il se tourne et lèche
les mains
Il se rebelle violemment,
 se débat et mord
très soumis il suit avec hésitation, la queue basse il suit avec hésitation, la
queue est basse
il ne se rebelle pas
et lèche les mains
Il se tourne asis sur son arrière -train, lèche les
mains
il ne se rebelle pas
et lèche les mains
inhibé il ne vient pas il ne suit pas et s'en va   S' en va et reste au
loin
 

Test complémentaires

Mettre le chiot avec des chiens adultes calmes et équilibrés

S'il recherche le contact et se met en position de soumission (en offrant son ventre, couché sur le dos), l'animal est "bien dans sa peau" et s'intègre dans la société canine, et il est permis de penser qu'il en sera de même au sein d'une famille.
Si, au contraire, il refuse toute autorité extérieure, des problèmes de dominances risquent de se poser. S'il évite tout contact, des difficultés comportementales inhérentes à la peur et à la timidité sont à prévoir.


Mettre le chiot dans un environnement inconnu- Le chiot extraverti crie, aboie, se promène (bonne réaction).
- Le chiot timide, inhibé, pour sa part, reste sur place, tremble, a peur.
- Le lymphatique rampe modérément.
- L'indépendant flaire à droite à gauche.
- Le soumis cherche une présence rassurante.

Réactions aux bruits

(sifflets, claquements de mains)
Noter les réactions du chiot : réagit-il de façon agressive en grognant ?, fuit-il ?, cherche-t-il à se cacher dans un coin ?, est-il indifférent ? curieux ?, cherche-t-il une présence rassurante ?, reste-t-il prostré de peur ? ....


Test du miroir

Il consiste à placer le chien âgé de moins de 3 mois devant une glace.
- Si le chiot reste immobile, il est équilibré mais plutôt hardi et dominant.
- S'il s'approche, puis recule, manifestant à la fois de l'intérêt et de la réserve, il est tendre et gentil.
- S'il grogne ou s'enfuit, il est craintif et peu sociable.


Mettre le chiot en présence d'un jouet télécommandé.

- S'il saute dessus, le chiot est de nature plutôt agressive.
- S'il l'ignore, c'est un indépendant.
- S'il va se cacher, c'est un peureux.
- Enfin, s'il s'intéresse au jouet, tout en prenant soin de l'éviter quand celui-ci se dirige vers lui, c'est un chiot bien équilibré.