Pommier d'amour;  Solanum pseudocapsicum

 

A) Généralités:

Ces petits arbustes, aux branches très ramifiées, peuvent atteindre jusqu'à 1 mètre de haut.  pommierLes fleurs sont blanches avec des étamines jaunes;  il y a cinq sépales, cinq pétales, cinq étamines et un ovaire avec deux carpelles.  Les fruits cylindriques, semblables à une cerise ont un diamètre d'environ 10 à 15 mm.  Solanum capsicastrum et Solanum pseudocapsicum:  le Pommier d'amour (à fruits rouges), originaire de l'est de l'Amérique du sud, est cultivé comme plante ornementale.  On peut confondre ses fruits avec des petits piments.  On l'appelle également cerisier d'hiver, cerisier de Jérusalem ou oranger du savetier.  Les fruits contiennent des gluco-alcaloide stréroidiques, la solanine et la solanocapsine.  Ces molécules ont une structure similaire aux glucosides cardiaques.  Leur activité inotrope positive a été démontrée.  La solanine donne par hydrolyse un ose, la solanose et un alcaloïde stéroidique, la solanidine.  Un de ses dérivés, la solanocapsine est localisée dans les feuilles et dans les baies.  Les fruits verts sont particulièrement dangereux.  Les toxiques sont plus concentrés avant la maturité complète.

B) Effets physio-pathogéniques

Non hydrolysée, la solanine traverse difficilement la muqueuse intestinale; elle est responsable d'irritations se traduisant par une diarrhée aiguë.  Après dissociation, sa partie alcaloidique libre, absorbée, entraîne des signes d'intoxication générale.  Elle possède des propriétés toxiques peu différentes de celles des saponines, et exerce une action irritante sur la muqueuse du tube digestif et, après absorption par celle-ci, provoque l'hémolyse des globules rouges.  Elle a, par ailleurs, une action sur le système nerveux, avec des phases de stimulation suivies de dépression des centres moteurs et respiratoires.  A forte dose, elle provoque l'arrêt du coeur.

C) Signes cliniques:

Chez le chien, les premiers symptômes sont digestifs:  vomissements, diarrhée, hypersalivation, coliques avec douleurs abdominales et chute de l'appétit.  Puis des atteintes du système neuro-végétatif apparaissent:  mydriase, tachycardie, dyspnée, hypothermie (35 oC), ataxie et dans les intoxications graves, convulsions cloniques, perte de conscience et mort.

Le traitement est symptomatique.  On cherche à favoriser l'élimination du toxique à l'aide de vomitifs (apomorphine 0,2 mg\kg en sous-cutanée), d'un lavage gastrique et de laxatifs.  On peut tenter une neutralisation des alcaloides avec du charbon végétal activé.  On peut administrer des antispasmodiques, des neuroleptiques et des tranquillisants.  Il faudra éventuellement rééquilibrer la balance hydro-électrolytique