Les maladies du bas appareil urinaire félin ( MBAUF) qui touchent la vessie et/ou l'urètre sont fréquemment rencontrées en pratique vétérinaire (5% des cas). La cystite idiopathique, sans étiologie déterminée, est la pathologie la plus fréquente.      
 
    ETIOLOGIE
 
Cystites idiopathiques:                                    47 %
Bouchon urétral:                                             29 %
Calculs:                                                          12 %
Infection bactérienne:                                        2 %
Autres (anomalies anatomiques, néoplasies) :     5 %
 
    FACTEURS PREDISPOSANTS
 
Les chats prédisposés sont d'âge moyen, en surpoids, stérilisés ( surtout mâles). Ils reçoivent un aliment sec et ont pour caractéristiques comportementales de faire peu d'exercice, d''avoir un accès à l'extérieur restreint, de vivre avec d'autres chats avec lesquels ils sont en conflit.
 
    SIGNES CLINIQUES
 
Les chats atteints peuvent présenter un ou plusieurs des signes suivants: dysurie, strangurie, pollakiurie, hématurie, périurie ( miction dans un endroit inapproprié), onstruction urétrale, changement comportemental. Ces symptômes sont aisément détectés chez les chats vivants à l'intérieur et ayant accès à une litière.
 
     DIAGNOSTIC
 
La cystite idiopathique est rarement diagnostiquée à la première crise où le traitement symptomatique est privilégié. En pratique courante, les récidives amèneront le praticien à rechercher la cause. Les examens sont la palpation ( rénale et vésicale), l'examen des urines ( recherche de cristaux, bactéries), un examen radiologique ( avec ou sans contraste) ou l'échographie.
L'absence d'étiologie apparente amène à un diagnostic de cystite idiopathique.
   
      TRAITEMENT
 
Un traitement repose sur  4  voies d' approche.
Si les cystites idiopathiques se résolvent généralement en une dizaine de jours, le traitement est fondamental à cause de la douleur et du stress pouvant conduire à l'obstruction urétrale, la "mutilation" de la région périnéale et les changements de comportement comme la perte de l'usage de la litière. Ce traitement se décompose en 4 approches: la gestion du stress, le dilution de l'urine, la supplémentation en, GAGs ( glycoaminoglycans), utilisation d'autres médicaments
 
1) La gestion du stress.cystite
 
De récentes études suggèrent que la cystite idiopathique peut être due à une altération du système
 nerveux et donc à une incapacité à gérer le stress.
Le stress joue un rôle important dans son exacerbation. Les facteurs de stress sont essentiellement
 liés à la cohabitation de plusieurs chats ( en particulier quand il y a des conflits) et à une modification
 fréquente de l'habitat ( mobilier nouveau, déménagement,...)
Certains auteurs évaluent le risque de 2 à 10 fois plus important chez les chats vivant en milieu clos
par rapport aux chats pouvant être à l'extérieur. Il est donc impératif de diminuer le stress du chat en
 faisant un certain nombre d'aménagements respectant son comportement territorial ( voir ci-contre)
à savoir:
- respecter son territoire et en particulier son champ d'isolement.
- soigner la litière:la placer soit dans un endroit calme
        une litière par chat dans la maison
        elle doit être nettoyée régulièrement.
- améliorer le jeu:
        enrichir le milieu avec des jouets qui attisent l'intérêt du chat.
Un nouvel aspect de l'enrichissement du milieu est l'utilisation de phéromone faciale du chat: Feliway
 
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2) Dilution de l'urine
 
Donner une alimentation humide et inciter le chat à boire contribue à diluer les composants urinaires nocifs.
 
3) GaGs ( glycoaminoglycans; calmurofel, flexivet cat)
 
Une déficience de la couche de GAGs protégeant la muqueuse vésicale a été incriminée dans l'étiologie de la cystite idiopathique. Si l'intérêt des GAGs dans la cystite idiopathique n'a pas été clairement démontré, l'administration d'un nutraceptif associant de la chondoitine sulfate et d ela glucosamine s'avère intéressante.
Une étude de Gunn-Moore a montré en effet que certains chats recevant une association de chondroitine sulfate et glucosamine rechutent systématiquement à l'arrêt de la supplémentation.
 
4) Autres médicaments
 
Antispasmodiques: pour lever le spasme urétral
AINS: ils peuvent être intéressants dans certains cas
Antibiotiques: ils ne sont pas à utiliser en première intention car les bactéries ne sont présentes que dans 2 % des cas.