Le terme méridien est en fait une traduction incorrecte du chinois "Jing mai".

Jing est à l'origine la chaine d'un tissu. Il a pris par extension le sens de guide. En acupuncture, il désigne la "ligne directrice".

Mai désigne tout à la fois un vaisseau et son activité (le pouls).

Porket propose en remplacement le terme de "canaux énergétiques" ou de "sinarthrose".

Les méridiens se présentent comme des canaux dans lesquels circulent l'énergie et le sang. Les points d'acupuncture sont des "puits" (xue) permettant d'accéder à ces canaux. 

  

Les méridiens principaux. 

a ) généralités.  

Les méridiens principaux sont au nombre de douze. Ils sont yang ou yin.

Les méridiens yang désservent les orbes yang et parcourent les zones yang du corps;

tête, face dorsale du tronc (sauf le méridien de l'estomac qui parcourt la face ventrale du tronc), face externe ou dorsale du membre antérieur et face externe du membre postérieur.

Les méridiens yin désservent les zones les orbes yin et parcourent les zones yin du corps;

face ventrale du tronc, face interne des membres.

Chaque méridien est défini par:

 -  son "niveau énergétique", il s'agit là de la tripartition des caractères yin ou yang du méridien. Il existe six niveaux de méridiens ;

       -  tai yang (yang majeur)

       -  yang ming ( lumière yang)

       -  shao yang (yang mineur)

       -  tai yin (yin majeur)

       -  yue yin (yin déclinant ou étouffé)

       -  shao yin (yin mineur)

-   le membre qu'il traverse avec le préfixe shu pour l'antérieur et zu pour le postérieur.

Les chinois parlent des méridiens tai yin du membre antérieur (shu tai yin) plutôt que de méridien du poumon, de tai yin du postérieur plutôt que de méridien de la rate, comme on fait en occident.

b ) Trajet des méridiens principaux chez l'homme.  

Un méridien parcourt un trajet reliant une extrémité digitée à la tête (méridiens yang) ou au tronc (méridiens yin).

Les points des extrémités (points Ting sus-unguéaux) constituent les racines des méridiens.

Les points situés sur les membres concernés par les méridiens, constituent le tronc du méridien.

Différentes projections régionales constituent les branches ou brindilles du méridien. En cas de maladie des "brindilles", on traite le "tronc" et les "brindilles" du méridien.

De plus, les méridiens se rencontrent en différents points de réunion (explication des propriétés régionales des points).

c )  Réunion des méridiens entre eux et "circulation de l'énergie ying". 

Les méridiens yang s' unissent entre eux au niveau de la tête où parviennent les trois méridiens yang du membre antérieur (G.I., T.R., I.G.) et d'où partent les trois méridiens yang du membre postérieur (E;, V.B., V.).

Les méridiens yin s' unissent entre eux sur le tronc où parviennet les trois méridiens yin du membre postérieur (Rte., F., Rn.) et d'où partent les trois méridiens yin du membre antérieur (P., M.C., C.).

Les points où s'effectuent ces réunions axiales constituent les "nœuds" des niveaux.

Pour compléter ce circuit, les méridiens yin et yang se réunissent par couples aux extrémités des membres antérieurs ( couples P.-G.I.; M.C.-T.R.; I.G.-C.) et postérieurs (couples E.-Rte.;

V.B.;-F.; V.-Rn). au niveau de leurs racines.

En médecine traditionnelle chinoise, les "nœuds" et les "racines" des méridiens jouent un rôle important en thérapeutique.

 Développement de la théorie des méridiens .

Elaborée dans un but clinique à partir, notamment de données subjectives (trajets douloureux), la théorie des méridiens ne pouvait suffire à englober toutes les constatations cliniques.

Aussi le système a-t-il été complété au cours du temps par la création de variantes des entités décrites.

Ont complété le schéma initial: huit méridiens curieux, des vaisseaux luo, des méridiens distincts, des méridiens tendino-musculaires et des territoires cutanés.

 1-  Huit méridiens curieux.

Ces méridiens sont également appelés "merveilleux vaisseaux" ou "canaux extraordinaires".

Ces méridiens ont tous un trajet ascendant. Ils sont comparés à un système de canaux ayant pour fonction de régler les variations de débit (crues) de l'énergie.

Ils ont étés mis en correspondance avec les huit trigrammes du "classique des mutations" (yi jing). Parmi ces méridiens "synthétiques" (qui sont une synthèse de l'activité des méridiens principaux), deux d'entre eux, le vaisseau Gouverneur (du mai) et le vaisseau Conception (jen mai: vaisseau

de fonction qui "prend en charge"), situés respectivement sur les lignes médiales, dorsales et ventrales du corps ont des points propres. les six autres empruntent leurs points (tous très importants et en nombre très limités) aux autres méridiens. Des points particuliers appelés souvent "points clefs" (points de croisement et réunion des méridiens principaux et des méridiens curieux) permettent d' "ouvrir"le système (de faire circuler l'énergie) des méridiens curieux.

2-  Vaisseaux luo.

Les luo longitudinaux, au nombre de 15 ( un par méridien principal, un pour les 2 méridiens curieux V.G. et V.C. et un "grand luo" de la rate), ont un trajet différent de celui des méridiens principaux.

Des luo transversaux relient deux à deux les méridiens .

Les points luo sont des points extrèmement importants, dont partent les luo longitudinaux et auxquels aboutissent les luo transversaux.

Il existe quatre points luo de groupe pour les trois yang et les trois yin de chaque membre.

 3-  Méridiens distincts (M.D.)

Ils sont d'autres variantes des méridiens principaux et permettent d'expliquer certaines "failles"

du système des méridiens principaux (en particulier l'activité des points appartenant à un méridien rattaché à un viscère yin sur la tête, qui, normalement, ne reçoit aucun méridien yin).

Ils prennent naissance aux extrémités et se réunissent au niveau de la tête. Les M.D. fonctionnent deux par deux. Chaque couple de M.D. a deux unions, l'une basse, l'autre haute.

 4-  Méridiens tendino-musculaires (M.T.M)

Ce sont d'autres variantes du système des douzes méridiens principaux. Leur application concerne le traitement des algies superficielles engendrées par les affections de l'appareil locomoteur (myoalgies, tendinites, entorses, arthroses…).

Les "variantes" de trajet des méridiens principaux peuvent être assez notables. Celles-ci permettent de comprendre certains phénomènes particuliers, comme par exemple l'activité des points de la région jambière antérieure (méridien de l'estomac) sur la jonction dorso-lombaire expliquée par la création d'une "branche" du méridien tendino-musculaire de l'estomac, qui relie ces deux régions.

On explique de même l'activité des points de la jambe rattachés au méridien de la vessie sur les régions anales et périnéale. Les M.T.M. se réunissent (sont noués), d'une part, au niveau des articulations des extrémités, d'autre part, à un niveau élevé (os zygomatique pour les trois yang du pied, bord antérieur du pubis et organes génitaux pour les trois yin du pied; os frontal pour les trois yang de la main, épigastre pour les trois yin de la main).

 5- Territoires cutanés

Ce sont de larges bandes qui reproduisent, approximativement le trajet des méridiens principaux.

Nous vous conseillons la lecture de :  Manuel d'acupuncture canine  ( André Demontoy  Editions du point vétérinaire)
                                                    Traité d'acupuncturevétérinaire ( F.Molinier A. Riaucourt  Editions Maisonneuve)
ouvrages d'où sont tirées ces informations.