Le lapin domestique est un lagomorphe appartenant à la même espèce que le lapin sauvage ou lapin de garenne ( Oryctolagus cuniculus) dont la répartition géographique, à l'origine, était liée à celle du palmier nain, c'est-à-dire, le pourtour de la méditérranée occidentale.
La première domestication aurait été effectuée par les Phéniciens, un millénaire avant notre ère.
Le lapin sauvage a progressivement et lentement ( à cause de sa sédentarité) remonté vers le nord, ne parvenant en Allemagne qu'au Moyen-âge: les moines français l'auraient élevé à partir du VIième siècle.
L'élevage du lapin, pour sa chair et pour sa fourrure, a débuté en Europe vers les années 1500. En 1700, on comptait environ 80 races différentes et c'est au XIXième siècle que ce type d'élevage a commencé à passer de l'échelon familial à l'achelon industriel.
Outre le lapin de garenne, qui est l'ancêtre du lapin domestique, on trouve comme espèces sauvages proches le lièvre d 'Europe (Lepus europeaus), le lièvre variable ( Lepus timidus) et le Cottontail rabbit ( Sylvilagus sp.).
1) Comportement alimentaire et dipsique
Le lapin sauvage est un herbivore se nourrissant à partir d'espèces fort variées de végétaux: plantes, herbes,écorces, jeunes pousses, arbustes, bourgeons....
Il s'alimente principalement la nuit; on l'observe cependant se livrant à cette activité durant la journée: à l'aube, en fin d'après-midi et au crépuscule.
La nourriture parvient très finement divisée à l'estomac. Les incisives ( à croissance continue) coupent les tiges et le smolaires mastiquent de façon intense ( 120 mouvements à la minute).
Le lapin qui pâture reste en état d'alerte. Ses oreilles s'orientent régulièrement dans toutes les directions. Il broute en demi-cercle autour de lui et avance en ligne droite ou en zig-zag ou bien progresse par bonds d'une cinquantaine de centimètres.Un phénomène propre aux lagomorphes est un type particulier de coprophagie, appelé aussi caecotrophie, pseudorumination ou réingestion. Il a été découvert au siècle dernier par le vétérinaire français MOROT. Les matières fécales émises la nuit sont différentes de celles émises le jour. Plus petites (2 à 12 mm), sphériques, molles, humides et couvertes de mucus.
Elles sont réabsorbées par l'animal qui les prend au niveau de l'anus et avalées sans êtres mâchées. La position adoptée est la suivante: le lapin s'assied et porte la tête sur le côté ou entre les cuisses. Le phénomène apparaît dès qu'une nourriture végétale commence à être absorbée, c'est-à-dire vers la troisième semaine.
Les selles émises durant la journée sont plus volumineuses, oblongues et sèches. Elles ne sont jamais réingéréres.
La fonction de la coprophagie semble être l'obsorption de la vitamine B et des protéines synthétisées par les bactéries du gros intestin ( caecum et colon). Les matières fécales émises la nuit - on les appelle aussi caecotrophes - contiennent en effet deux fois plus de protéines que les autres.
2) Comportement social
Le lapin domestique vivant en cages individuelles, il n'a pas l'occasion d'extérioriser son comportement social.
Les seuls groupes qui sont constitués sont formés par les nichées qui restent ensemble jusqu'au moment de l'abattage ( à l'âge de 3 mois).
Le lapin sauvage a un comportement social relativement complexe.
Parmi le smoyens de communication, notons l'existence de glandes à phéromones situées au niveau de l'anus et d'autres au niveau du menton, les glandes mentonnières. Il a été prouvé que le volume de ces dernières était fonction de la position hiérarchique.
Les matières fécales sont déposées en tas d'environ 30 cm de diamètre que certains auteurs appellent " latrines". Ces tas sont situés à la limite du territoire et sont supposés imprégnés de l'odeur du groupe.
Le lapin émet peu de cris. On les entend lorsqu'ils sont capturés par un prédateur ou lors de la saillie.
L'animal frappe du pied lorsqu'il désire donner l'alarme à ses congénères situés à l'extérieur ou dans les terriers.
L'allofrooming est une forme de communication tactile observée au sein du couple mâle-femelle.
Le comportement agonistique comprend des morsures, des poursuites, des fuites ou des retraits, des mouvements en cercle, des bonds au-dessus de l'adversaire, l'aspersion d'urine.
Lors de la lutte avec un prédateur, des morsures et des coups de griffe sont utilisés.
Au sein d'une colonie, une hiérarchie existe parmi les mâles et une autre parmi les femelles. Elle se marque par une poursuite de la part du dominant entraînant la soumission ou la fuite du dominé. Les combats sont rares et les hiérarchies relativement stables.
La position hiérarchique élevée chez le mâle lui permet de s'approprier les meilleures femelles ( en fait celles qui son également bien placées dans une hiérarchie.)
La position hiérarchique élevée chez la femelle lui permet d'accéder aux meilleurs terriers et ainsi assuré plus de chances de survie à leur descendance.
Les jeunes mâles ne sont pas inclus dans la lignée hiérarchique avant l'âge d'un an. En été, ils sont chassés par les adultes.
On peut mettre en évidence le rang hiérarchique des individus d'un groupe en procédant à des compétitions alimentaires.
Le lapin sauvage vit en colonies de 8 à 10 individus dont le domaine vital est centré sur une garenne. C'est un animal très sédentaire qui ne s'en éloigne que de moins de 600 mètres.
La garenne s'étend parfois sur une superficie d'une vingtaine de mètre de diamètre et s'enfonce à une profondeur de 1 à 3 mètres. Si la densité de population est faible, ce domaine est peu défendu. Les mâles refusent l'accès aux femelles en chaleurs et les femelles défendent leurs terriers d' accouchement. Si la densité est élevée, chaque membre de la colonie marque et défend le territoire contre tout étranger. Lorsque la nourriture est peu abondante, les limites territoriales tendent à s'estomper.
3) Comportement reproducteur.
La puberté se produit vers l'âge de 5 mois chez les mâles. Chez les femelles nées en automne, elle a lieu vers 5 mois 1/2 et vers 8 mois 1/2 pour celles nées au printemps. Les premiers chevauchements sont observés à l'âge de 60 - 70 jours et le coït peut se dérouler à partir du 100ème jour.
La reproduction a lieu pendant toute l'année, avec une diminution de l'activité en automne et au début de l'hiver. Chez le lapin sauvage, elle se produit principalement du début janvier à la fin juin. Les saillies se faisant dans les jours qui suivent l'accouchement.
Le cycle sexuel de la lapine, est mal connu. On considère qu'il dure entre 6 jours ( jeunes femelles) et 7 jours ( vieilles femelles). Le mâle étant accepté pendant 3 jours du cycle. Comme dans l'espèce féline, l'ovulation est provoquée par le coït et se produit 10 heures après.
Le comportement précopulatoire du mâle comprend l'exploration olfactive du périnée des femelles, le marquage par les glandes mentonnières, des mouvements en cercle, des poursuites, des sauts et des bonds de même que l'aspersion de la femelle par l'urine.
Chez le lapin sauvage, on observe en outre une sorte de parade. Le mâle se déplace devant la femelle avec le dos voussé. Il porte la queue sur le dos de telle sorte que sa face inférieure ( qui est blanche) soit bien visible. C'est ce que les anglo-saxons appellent le "tail flaging".
La femelle, si elle est réceptive, répond en s'immobilisant en lordose.
Lors de l'accouplement, le mâle se place sur le dos de la femelle, l' abordant par l'arrière. Il lui serre les reins avec les antérieurs tout en progressant vers l'avant. Il effectue ensuite des poussées rapides du bassin. Si la femelle n'est pas en chaleurs, elle ne se place pas en lordose, le mâle descend et recommence le comportement précopulatoire une ou deux fois. Si elle est réceptive, l'intromission et l'éjaculation se produisent immédiatement. Cela se marque par une brusque poussée du bassin et une projection des postérieurs vers l'avant, le long des flancs de la femelle. Ce dernier mouvement est si vigoureux que les postérieurs du mâle perdent le contact avec le sol. De ce fait, il perd l'équilibre et tombe sur le côté, parfois en émettant un cri.
Lors du comportement postcopulatoire, la femelle est peu active tandis que son partenaire, au contraire, court sur le côté ou devant elle en exécutant divers mouvements. Une seconde saillie peu avoir lieu.
Pour les saillies, l'usage veut que la lapine soit transportée vers la cage du mâle et non l'inverse. C'est parfaitement justifié car on a vu que la femelle est beaucoup plus territoriale que le mâle. Elle a tendance, d'ailleurs, à attaquer tout individu introduit dans sa cage.
La gestation dure de 31 à 32 jours. Une ovulation peut se produire directement après l'accouchement ( chez le lapin sauvage, la saillie se produit dans la journée qui suit).
Si une femelle n'est pas fertilisés pour l'une ou l'autre raison, il s eproduit une pseudo-gestation qui se termine après 17 à 20 jours par la construction d'un nid et d'une ébauche de comportement maternel.
L'accouchement se déroule de la même façon que chez la chatte quoique beaucoup plus rapidement.
Quelques jours avant la parturition, le lapin domestique construit un "nid" en forme de boule dans un coin de sa cage. Il est constitué de paille et garni intérieurement de poils arrachés au ventre et au poitrail. Le nid est muni d'un toit et est complétement fermé. La construction du nid est contrôlée hormonalement par la balance progestérone/oestrogène. Le rapport est plus petit juste avant la parturition. Le taux de prolactine ne semble pas avoir d'influence.
Le lapin sauvage ( de même que le lapin domestique placé dans le smêmes conditions) creuse une à deux semaines avant l'accouchement une "rabouillière" ou terrier d'accouchement. Celui-ci comporte une chambre de 60 à 70 cm de diamètre renfermant le nid et communiquant avec l'extérieur par une galerie de 1,5 à 2 m. L'orifice de cette galerie est refermé après chaque visite.
L'allaitement n'a lieu qu'une seule fois par jour ( le lait de la lapine est très concentré). Il dure de trois à cinq minutes et s'arrête brusquement. A ce moment, la mère est debout sur les quatre membres, elle vousse le dos et garde les yeux demi-fermés.
Les lapereaux naissent nus et aveugles. Ils sont nidicoles. Ils têtent dès la première heure de leur vie. Ils ne sortent pas du nid durant les trois premières semaines de leur vie ( leur poids passe de 50 à 300 g en 20 jours. Après, le nid devenant trop petit et la mère laissant une ouverture à l'entrée de la rabouillière, ils s'aventurent à l'extérieur et commencent à absorber des aliments solides.Le lapin passe une partie importante de son temps à nettoyer sa fourrure par léchage et grattage.
L'allogrooming effectué notamment au sein du couple est fréquent et entre dans le cadre de la communication.
Le repos est effectué en décubitus sternal ou latéral et a lieu surtout au cours de la journée.